16 août 2011

Notes sur "Paul a un travail d'été" de Michel Rabagliati

Lumières d'été

2002, Les éditions de la Pastèque
Temporalité : été 1979 puis contemporain
Localisation : Autour du lac Morin, Québec, Canada

Cet été, j'ai plongé dans l'univers de Paul.  Quatre baignades dans cet ordre : "Paul en appartement" (2004), "Paul au Québec" (2009), "Paul à la pêche" (2006) et "Paul a un travail d'été" (2002). D'enthousiasmants rayons de soleil émanant de Montréal et ses alentours. Le dessinateur Michel Rabagliati publie en effet chez un éditeur indépendant québécois des albums en noir et blanc. Je l'ai découvert lors de la préparation d'un sujet sur le thème de la bande dessinée indépendante. J'ai dévoré "Paul a un travail d'été". Avec délice, sourire, joie et tristesse. Installé sur un banc dans une grande allée ombragée puis sur un siège face à un soleil de fin d'après-midi au milieu d'un parc. Captivé par l'univers unique créé par Michel Rabagliati, le monde de son avatar fictionnel, Paul. 

Turning point

Dans "Paul a un travail d'été", le dessinateur canadien raconte un été décisif pour son personnage. Après avoir lâché le lycée, il part à 18 ans vers le Lac Morin au Québec pour être  animateur dans un camp de vacances durant un été. À la fin de l'album, de retour au bord du lac quelques années plus tard, Paul repense à cet été sur deux cases et trois bulles : « Probablement les trois mois les plus importants de ma vie.... Un turning point clé en tout cas... C'est ici, en vivant au contact des enfants et de jeunes de mon âge, que je suis passé d'un adolescent couvé à un adulte. Sans doute pas un adulte accompli, mais un adulte quand même ».Voilà pour la trame de récit.

Paul travaille trois mois dans ce camp en pleine nature. Il apprend l'escalade, à s'occuper d'enfants et la vie en communauté avec les animateurs. Il vit une histoire d'amour de vacances avec une collègue animatrice et se prend d'affection d'une petite fille aveugle. C'est avec ces deux personnages féminins que l'art de Rabagliati saute aux yeux. Une grande finesse se glisse dans certaines pages, par exemple quand Paul décrit un paysage à Marie, la fillette aveugle.

Chez Rabagliati, le dessin est simple à base de lignes noires, il y a peu de jeu de contrastes et les traits des personnages sont presque minimalistes. Mais son travail des dialogues, sa mise en scène et son soin des décors vous plongent dans l'atmosphère de l'histoire, vous font sentir la force de cet univers. Une grande maîtrise de la narration traverse cet ouvrage qui captive pour une histoire si simple, si ordinaire. Et en refermant "Paul a un travail d'été", on entend encore une musique précieuse, subtile et enthousiasmant.

Thématiques : travail, nature, récit initiatique, jeunesse

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