7 nov. 2011

Notes sur "Un jour en mai" de George Pelecanos


Portraits de gens ordinaires

Titre original : The turnaround
2008, trad. 2009, Points/Seuil, 2010
Localisation : Washington D.C.
Temporalité : début des années 70 et années 2000

« Un jour en mai » est un croisement de portraits. Des gens ordinaires pris dans une histoire banale de racisme, au milieu d'un ghetto noir de Washington. Quatre personnages principaux dont les lignes de vie ont changé de direction après « l'incident » qui s'est déroulé dans les années 70. Une escapade de petits branleurs blancs dans le quartier noir, des insultes racistes sur d'autres jeunes. Et l'un des visiteurs se fait tuer.
Ni policiers, ni grand méchant, ni atmosphère de complot dans ce roman noir de George Pelecanos. Juste une histoire de réconciliation et de rédemption trente ans après, entre Alex Pappas, un petit restaurateur d'origine grec, Raymond Monroe, un kiné et James, son frère, condamné pour le meurtre, devenu mécano alcoolique. Tandis que l'un des participants à « l'incident », Charles Baker, condamné pour avoir défiguré le restaurateur, tente en vain de se faire indemniser par les ex-petits branleurs blancs.
« Un jour en mai » nous plonge dans les faubourgs de la capitale des USA, dans une Amérique où pas mal de jeunes sont partis combattre en Afghanistan ou en Irak. Le lecteur évolue au contact des existences de ces acteurs d'un drame passé qui ferment la boucle trente ans plus tard. Sans fusillade, ni vengeance dévastatrice, on sent juste la violence frôler les personnages que sont Alex, Raymond et James. Mais George Pelecanos parvient à nous faire respirer le même air qu'eux, sentir le tempo de leurs vies que la fusillade a changées plutôt que détruites.

Thématiques : violence, racisme, guerre, famille

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